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Le syndrome du harnais (SDH)
Peu connu des pratiquants de montagne et des secouristes, le syndrome du harnais constitue une véritable urgence médicale. Il survient lors d'une suspension prolongée dans un baudrier accompagné d'une absence totale de mouvements des membres inférieurs. Il se traduit d'abord par une perte de connaissance rapide.
En l'absence de prise en charge, ce malaise peut aboutir au décès de la victime en moins de dix minutes...
Le syndrome du harnais ne peut survenir que si deux conditions sont réunies :
> Une suspension prolongée dans un baudrier
> L'absence totale de mouvement des membres inférieurs.
En 1984 et 1986 des expérimentations ont été mené sur des spéléologue, lors de la première expérimentation, les deux volontaires ont perdu connaissance en sept minute pour l'un et trente minutes pour l'autre, nécessitant une courte réanimation. Les trois sujets testés lors de la deuxième expérimentation en milieu hospitalier, ont présenté des malaises grave, dont une perte de connaissance prolongée.
Le syndrome du harnais, peut donc s'installer de façon brutale dans la cadre d'une perte de conscience de la victime qui peut subvenir par exemple lors d'une chute suivie d'un traumatisme crânien ou d'un malaise d'origine médicale. Dans ce contexte la perte de conscience va être à l'origine du syndrome du harnais.
Dans d'autre situations, le syndrome va s'installer de façon plus insidieuse dans un contexte d'épuisement, d'hypothermie ou d'incompétence technique. Ces situations critiques vont entraîner une suspension inerte dans le baudrier à l'origine du syndrome.
Reconnaître un syndrome du harnais (SDH)
Les signes avant-coureurs sont peu spécifiques et s'apparentent à ceux d'un malaise de type vagal. Au cours des différentes études, les signes cliniques annonciateurs d'un SDH étaient les suivants :
> sensation de malaise générale, panique, obnubilation.
> coup de chaleur, sueurs
> nausées
> vertiges
> oppression thoracique.
Ce sont surtout les circonstances dans lesquelles se trouve la victime qui doivent alerter l'entourage. Encore une fois, c'est l'association suspension dans un baudrier et absence totale de mouvement des jambes qui vont permettre la survenue des symptômes.
Les gestes qui sauvent
Les premières minutes de prise en charge vont permettre d'éviter qu'un état inquiétant ne devienne en l'espace de quelques minutes une situation catastrophique.
Tout sujet suspendu et inerte dans un baudrier doit être décroché immédiatement par ses coéquipier.
> Si la victime est consciente, il faut garder en permanence un contact verbal avec elle afin de la stimuler et la rassurer. Ordonnez lui si elle ne le fait pas, de bouger activement ses membres inférieurs afin de retarder la survenue du malaise.
Une fois détacher, le sujet doit être redescendu au sol et maintenu en position debout ou assise.
>Si la victime est inconsciente et le SDH déjà installé, il faut d'abord la détacher le plus rapidement possible. Cette étape nécessite la connaissance de manipulations complexes qui devraient être connues des pratiquants (rajout de corde sous tension, sécurisation de fractionnements...)
L'important est de placer la victime dans un endroit sécurisé dans les plus brefs délais.
Il faut ensuite placer la victime en position latérale de sécurité et contacter les secours.
Les chercheurs ne s'accordent pas tous sur ce point. Certains interdisent de placer la victime en position allonger et préfèrent la laisser en position assise. Allonger une victime horizontalement pourrait lui être fatal du fait d'un arrêt cardiaque consécutif au retour sanguin brutal.
La prise en charge proposée est donc à prendre avec beaucoup de circonspection. Aucun protocole de secours n'a pour l'instant été validée avec la rigueur scientifique que cela exige.
Source : Montagnes Magazine N° 317, texte : Frédéric Bussienne, interne en médecine.