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Mélissa Laveaux — Wikipédia

  • ️Wed Jan 09 1985

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Mélissa Laveaux est une autrice-compositrice-interprète canadienne ayant acquis la nationalité française en 2019. Sa musique est teintée d'influences haïtiennes, pays dont ses parents sont originaires, ainsi que de blues et de folk. Elle écrit et chante en trois langues : l'anglais, le français, et le créole haïtien.

Après avoir signé chez No Format!, un label français en 2007 et y voir réaliser 3 albums, Mélissa a monté son propre label en 2022 : Twanet avec lequel elle a produit son dernier album Mama Forgot Her Name Was Miracle.

Née à Montréal le 9 janvier 1985 de parents haïtiens immigrés, Mélissa Michelle Marjolec Laveaux grandit à Ottawa en Ontario, dans un univers bilingue, et doit tenter de s'intégrer à ce nouvel environnement, sans rien abandonner pour autant de sa culture d'origine, créole et francophone. Son père lui offre une guitare acoustique à treize ans. Sa culture musicale grandit au fil des années, à commencer par l'univers musical créole (Martha Jean-Claude), la chanson française (Georges Brassens), la folk canadienne (Joni Mitchell), de figures du jazz vocal afro-américain (Nina Simone, Billie Holiday), ainsi que de nombreuses chanteuses ayant ouvert la voie et marqué la musique, comme la Canadienne Lhasa, la Cap-Verdienne Cesária Évora, l'islandaise Björk. Elle intègre également à Ottawa le milieu "punk-fém"[1]

En parallèle de son intérêt et son implication grandissante dans la musique, elle poursuit ses études, étudiant en « éthique et société » à l’Université d’Ottawa. Elle y obtient en juin 2008 son baccalauréat universitaire, correspondant en France à la licence.

En 2007, elle est lauréate de la Bourse Musicien offerte par la Fondation Lagardère[2]. Après une auto-production Camphor & Copper en 2006, elle participe à plusieurs festivals importants dont le Festival international de Jazz de Montréal 2007, puis d'autres en France (Festival du bout du monde 2008, Printemps de Bourges 2009, Sakifo Musik Festival 2009)[3],[4].

Son premier album, Camphor & Copper est sorti en novembre 2008 sur le label No Format!. Elle le qualifie de « folk blues à la rythmique haïtienne »[5]. En juillet 2006, Mélissa Laveaux avait déjà sorti un opus du même nom, sur son label indépendant Malleable Records. Grâce à la bourse de la Fondation Lagardère et au soutien du label No Format!, une version professionnelle aboutit l'année d'après. L'album est fait de ses propres compositions, ainsi que de deux reprises, Needle in the Hay (Elliott Smith) et I Want to Be Evil (L. Judson - R. Tyler). Coproduit par elle-même, Rob Reid et Lisa Patterson, il a été enregistré principalement à Toronto par Lisa Patterson au studio Imaginit Music, sauf Akeelah's Heel enregistré par Bénédicte Schmitt au Labomatic studios à Paris, et Dodo Titit enregistré par MaJiKer dans son studio. En novembre 2009, trois titres ont été ajoutés en bonus à l'album digital : Les Cendres, First Class, et Crazy in Love de Beyoncé, produit par Mocky.

Entre 2008 et 2011, elle tourne régulièrement en Europe, au Canada et au Japon. Elle se produit en formation rock, avec guitare électrique (Gautier Vizioz), guitare basse (Élise Blanchard), claviers (Nicolas Liesnard) et batterie (Anne Paceo).

En 2012, elle travaille avec le trio de réalisateurs français Les Jazz Basterds, Ludovic Bruni, Vincent Taeger (de Poni Hoax) et Vincent Taurelle (claviers pour Air), sur un second opus qui sort en février 2013. L'album est intitulé Dying is a Wild Night. Il est emprunté d'une citation d'Emily Dickinson : « Mourir est une nuit sauvage, une nouvelle voie. » Le premier single, Postman, est diffusé en décembre 2012.

En 2013, son single Triggers relate un amour lesbien qui finit mal (Mélissa Laveaux est ouvertement lesbienne[6]). La réalisation du clip est confiée à Terence Nance.

En 2018, la chanteuse sort un nouvel album Radyo Siwèl, son premier exclusivement en créole, quand les deux précédents mélangeaient anglais et français. Élevée dans une ville anglophone, Mélissa Laveaux n’a pas appris le créole. Elle raconte qu’elle n’en entendait que des bribes, grâce à des conversations entre sa mère et ses tantes[7],[8],[9],[10]. Mélissa Laveaux pioche dans le folklore haïtien, colporté à l’origine par des orchestres ambulants et réactualisé lors des carnavals. Elle a choisi des chants de résistance du début du XXe siècle, quand la première République noire était sous domination américaine, entre 1915 et 1934[11]. L'artiste explique la signification du titre Radyo Siwèl dans un entretien : « La cirouelle est une prune que l'on mange en Haïti. Et puis la radio, parce que c'est un très bon moyen de transmission[12]. »

Depuis la sortie de ce dernier opus, Melissa Laveaux, est très sollicitée par des festivals importants comment le Cully Jazz Festival (2018), en Suisse, le Festival Musiques Métisses (2018), les Suds en France, entre autres[13],[14],[15].

Elle co-interprète la chanson Noël Lougawou avec Pierre Lapointe sur l'album de ce dernier Chansons hivernales sorti en 2020[16]. La même année, elle participe au titre Seuls et vaincus de Gaël Faye[17].

En Mars 2022, elle sort son 4e album Mama Forgot Her Name Was Miracle[18] dans lequel elle rend hommage à différents personnages oubliés par l'histoire[19]. Son album explore 12 figures historiques féministes, ou membres de la communauté LGBTQIA+ tous à ses yeux faiseurs de miracles. Sont ainsi explorés Harriet Tubman, Jackie Shane, Audre Lorde, Helen Stephens, la figure mythique Lilith, La Papesse Jeanne, Ching Shih, Alice Walker, James Baldwin, Faith Ringgold, Ana Mendieta ou encore Alexis Pauline Gumbs[1].

Mélissa Laveaux a sorti plusieurs disques[20],[21], dont :

# Titre Compositeur(s) Durée
1. Scissors Mélissa Laveaux 3:09
2. My Boat Mélissa Laveaux 4:20
3. Chère Trahison Mélissa Laveaux 2:48
4. Ulysses Mélissa Laveaux 3:22
5. Interlude Haïti Mélissa Laveaux 0:14
6. Koudlo Mélissa Laveaux 4:09
7. Dodo Titit Mélissa Laveaux 2:19
8. Needle In The Hay Elliott Smith 3:25
9. Interlude Voyeur Mélissa Laveaux 0:22
10. Games Of Unrest Mélissa Laveaux 3:48
11. Akeelah'S Heel Mélissa Laveaux 5:32
12. I Want To Be Evil Mélissa Laveaux 3:53
13. Les Cendres - Version Bonus Mélissa Laveaux 3:13
14. First Class - Version Bonus Mélissa Laveaux 3:31
# Titre Compositeur(s) Durée
1. Postman Mélissa Laveaux 3:38
2. Hash Pipe Rivers Cuomo 2:39
3. Dew Breaker Mélissa Laveaux 3:42
4. Pretty Girls Mélissa Laveaux 2:34
5. Triggers Ludovic Bruni, Mélissa Laveaux, Vincent Taeger, Vincent Taurelle 3:18
6. Sweet Wood Ludovic Bruni, Mélissa Laveaux, Vincent Taeger, Vincent Taurelle 3:07
7. Generous Bones Mélissa Laveaux 2:37
8. Move On Ludovic Bruni, Mélissa Laveaux, Vincent Taeger, Vincent Taurelle 3:30
9. Piebwa Mélissa Laveaux 2:39
10. Cart Sans Horse Mélissa Laveaux 3:55
11. Calvatious Ludovic Bruni, Mélissa Laveaux, Vincent Taeger, Vincent Taurelle 3:21
# Titre Compositeur(s) Durée
1. Lè ma monte chwal mwen Traditionnel 3:38
2. Nan fon bwa Frantz Casseus 2:39
3. Angeli-ko Auguste L'instant de Pradines 3:42
4. Kouzen Traditionnel 2:34
5. Simalo Traditionnel 3:18
6. Jolibwa Mélissa Laveaux 3:07
7. Tolalito Traditionnel 2:37
8. Twa fey Mélissa Laveaux 3:30
9. Legba na konsole Traditionnel 2:39
10. Lasirèn labalèn Mélissa Laveaux, Traditionnel 3:55
11. Nibo Ludovic Lamothe 3:21
12. Panama mwen tombe Traditionnel 3:55
  • 2022 Mama Forgot Her Name Was Miracle[18]
# Titre Compositeur(s) Durée
1. Half a Wizard, Half a Witch Mélissa Laveaux 3:58
2. Fire Next Time Mélissa Laveaux 3:27
3. Lilith (feat. Oxmo Puccino) Mélissa Laveaux 4:03
4. Papessa Mélissa Laveaux, 4:24
5. La Baleine Mélissa Laveaux 3:47
6. Rosewater (feat. November Ultra) Mélissa Laveaux 3:59
7. Tears Mélissa Laveaux 1:38
8. Ching Shih Mélissa Laveaux 3:05
9. Gee's Bend Mélissa Laveaux 3:27
10. Storm Helen Storm Caster Mélissa Laveaux 3:52
11. 7Sisters Mélissa Laveaux 3:06
12. Faith Meets Ana Mélissa Laveaux 3:36
13. Jackie Mélissa Laveaux 4:43
  • 2020 : Noël Lougawou sur l'album Chansons hivernales de Pierre Lapointe
  • 2015 : Little Cake, sur l'album Low fidelity de Tom Fire[26]
  1. a et b « Musiques du monde - #SessionLive de Mélissa Laveaux pour l’album «Mama Forgot Her Name Was Miracle» », sur RFI, 7 janvier 2023 (consulté le 22 février 2023)
  2. « Mélissa Laveaux », sur Fondation Lagardère (consulté le 12 novembre 2019)
  3. « Festival du Bout du Monde 2008 » (consulté le 12 novembre 2019)
  4. « Printemps de Bourges 2009 » (consulté le 12 novembre 2009)
  5. « Mélissa Laveaux », sur Lagardère - Lagardere.com - Groupe (consulté le 8 décembre 2023).
  6. Mélissa Laveaux en concert à Sotteville-lès-Rouen : « Rien n’est gagné d’avance », 31 mars 2018, Paris Normandie.
  7. Vladimir Cagnolari, « Radyo Siwèl : quand Mélissa Laveaux renoue avec ses racines haïtiennes », Pan African Music,‎ 6 février 2018 (lire en ligne)
  8. Patrick Labesse, « Musiques : Mélissa Laveaux célèbre le patrimoine haïtien », Le Monde,‎ 2 février 2018 (lire en ligne, consulté le 6 décembre 2018)
  9. Olivia Gesbert, « Mélissa le vaut bien », La Grande Table, France Culture,‎ 14 février 2018 (lire en ligne)
  10. Rebecca Manzoni, « Mélissa Laveaux : Haïti téléphone maison », POP & COM,‎ 15 février 2018 (lire en ligne)
  11. Anne Berthod, « Radyo Siwel, Mélissa Laveaux, critique du disque », Télérama,‎ 6 février 2018 (lire en ligne)
  12. Colin Gruel, « Mélissa Laveaux, la prêtresse qui plonge la pop dans le vaudou », La Libre.be,‎ 14 février 2018 (lire en ligne)
  13. « Cully : Jazz Festival », sur Arts-Scènes, 17 janvier 2018
  14. « Mélissa Laveaux », sur Musiques Métisses
  15. « Les Suds à Arles » (consulté le 12 novembre 2019)
  16. « Noël Lougawou », sur wwwéyooutube.com (consulté le 23 novembre 2020)
  17. « Découvrez « Seuls et vaincus », le poème de Christiane Taubira chanté par Gaël Faye », sur positivr.fr, 6 novembre 2020
  18. a et b Laureline C, « Dans son nouvel album, Mélissa Laveaux rend hommage aux femmes oubliées de l’Histoire », sur Beware, 16 mars 2022 (consulté le 14 mai 2022)
  19. Les Oreilles Curieuses, « Mélissa Laveaux - Mama Forgot Her Name Was Miracle », sur Les Oreilles Curieuses, 14 mars 2022 (consulté le 22 février 2023)
  20. « Mélissa Laveaux », sur data.bnf.fr (consulté le 22 février 2023)
  21. « Mélissa Laveaux », sur Discogs (consulté le 22 février 2023)
  22. « No Format », sur www.noformat.net (consulté le 18 janvier 2020)
  23. « No Format », sur www.noformat.net (consulté le 18 janvier 2020)
  24. « No Format », sur www.noformat.net (consulté le 18 janvier 2020)
  25. « Berceuses et féminisme avec Mélissa Laveaux », sur ici, par France Bleu et France 3 (consulté le 22 février 2023)
  26. « Tom Fire, musique réelle pour personnage imaginaire », sur RFI Musique, 8 septembre 2015 (consulté le 22 février 2023)