Pierre Flament — Wikipédia
- ️Mon Jun 03 1878
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Pierre Flament, né le 3 juin 1878 dans le 18e arrondissement de Paris et mort pour la France au Bois-Fumin au sud-ouest de Vaux dans le département de la Meuse le 1er août 1916, est un archiviste-paléographe et historien français du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.
Jean Charles Pierre Flament, né au no 8 rue Tardieu le 3 juin 1878 à Paris[1], est le fils de Louis Alexis Eugène Flament (1850-1935), employé à la Banque de France, et de Marie Eugénie de Gournay (1849-1928)[2],[3].
Sa famille est d'origine noyonnaise, mais c'est à Paris qu'elle est installée à sa naissance. Après avoir débuté sa scolarité à Laval, il la termine au collège Rollin à Paris et y obtient le baccalauréat ès lettres en 1895[4].
Il réussit le concours de l'École des Chartes et y est nommé élève de première année en novembre 1896[5],[6]. Parallèlement, il suit des cours à l'École pratique des hautes études de 1897 à 1898 et obtient une licence d'histoire en 1897 avec une Étude sur le Marquis de Nointel, ambassadeur sous Louis XIII[4].
De 1899 à 1899, il interrompt ses études pour faire son service militaire au 101e régiment d'infanterie à Laval. Une fois passé dans la réserve, il sera nommé sergent en 1902, sous-lieutenant en 1904 et lieutenant en 1908 à l'issue de différentes périodes d'exercice[7],[8].
Il termine ensuite sa formation et se voit nommé archiviste-paléographe en février 1900, après avoir soutenu une thèse intitulée Un ambassadeur de France en Turquie au XVIIe siècle, Philippe de Harlay, comte de Césy (1580-1652)[9]. La même année, il obtient une licence en droit et est attaché au département des imprimés à la Bibliothèque nationale[4]. En septembre 1903, il est nommé archiviste départemental de l’Allier à Moulins[10]. Membre de la Société d'émulation du Bourbonnais et président de 1909 à 1910[11], il publie de nombreuses études dans son bulletin en s'appuyant sur les archives du département[12].
Il épouse Marie Joseph Henriette Louise Yvonne Amiaud (1885-1920) le 21 octobre 1911 à la mairie du 6e arrondissement de Paris[2],[13]. Le couple aura 2 enfants qui seront déclarés pupilles de la nation après la mort prématurée de leur mère en 1920[14].
Après avoir passé 10 ans dans l'Allier, on lui confie les archives départementales du Pas-de-Calais et la bibliothèque municipale d'Arras en 1913[2].
Mobilisé en août 1914 avec le grade de lieutenant au 121e régiment d’infanterie, il est envoyé en Lorraine. Malgré une blessure grave à la bataille de Petitmont le 14 août, il aide son capitaine à regagner l'abri, ce qui lui vaut d'être cité à l'ordre de l'armée en septembre 1914 « pour son sang froid et sa belle attitude sous le feu » et d'être inscrit au tableau spécial de la Légion d’honneur en novembre pour avoir « montré les plus belles qualités de bravoure et d’énergie »[7],[15].
Après quelques mois au dépôt à Montluçon, il est transféré en mars 1915 au 413e régiment d’infanterie qui vient de se former. Promu capitaine à la tête de la 5e compagnie[16], il repart pour le front et reçoit la Croix de guerre dans la Somme en juin 1915[15].
Après le bombardement du 5 juillet 1915 qui détruit le palais Saint-Vaast et une partie des œuvres et archives conservées à Arras, il obtient un sursis pour organiser le transfert de l'ensemble des archives qui avaient été stockées dans les caves[17]. Il en rend compte au préfet dans un courrier du 25 août : « Le transfert provisoire à Paris des manuscrits de la Bibliothèque et des archives communales d’Arras a été effectué, avec le consentement de M. le Maire, en même temps que celui des Archives départementales ; les manuscrits de la Bibliothèque sont actuellement déposés à la Bibliothèque nationale (département des manuscrits) ; les archives communales ont été transportées, avec le fonds départemental, aux Archives Nationales, Palais Soubise. Ce déménagement, qui s’est effectué de nuit, pendant la première quinzaine d’août, a nécessité l’emploi de sept wagons et a pu être mené à bien, grâce au concours de l’autorité militaire. Les papiers modernes transportés à Boulogne ont rempli sept autres wagons »[18].
Lors d'une attaque massive de la tranchée de la carrière au bois Fumin[19], la 5e compagnie qu'il commande est décimée et il est porté disparu le 1er août 1916[2],[20],[21]. Son corps est retrouvé au début de l'année 1928[22] et réinhumé à la nécropole nationale de Fleury-devant-Douaumont (tombe no 8765)[23].
- Un ambassadeur de France en Turquie au XVIIe siècle, Philippe de Harlay, comte de Césy (1580-1652), thèse, 1900
- Table alphabétique des manuscrits du fonds italien de la Bibliothèque nationale, 1901
- Note sur le premier bataillon des volontaires de l'Allier, 1904
- Mémoire de la généralité de Moulins, 1906
- Inventaire sommaire des Archives départementales postérieures à 1790, Allier, série L, avec Ferdinand Claudon, 1912
- Le nom de Pierre Flament est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France[26].
- Son nom figure sur les plaques commémoratives de l'École des Chartes et des Archives Nationales à Paris, de l'hôtel du Préfet à Arras, des archives départementales de l'Allier à Yzeure[27].
- Ernest Laurain, « Nos morts de la guerre », Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 1920, p. 167-171 (lire en ligne)
- André Martin, Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 4, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », 1926, p. 325-328
- Archives du Pas-de-Calais, « Annonce de la disparition de Pierre Flament, archiviste du département », sur archivespasdecalais.fr
- ↑ Martin 1926, p. 325.
- ↑ a b c et d Archives du Pas-de-Calais.
- ↑ « Paris - 1878 - Naissances - 18e arrondissement - V4E 4976 - acte n° 2105 », sur archives.paris.fr, p. 28
- ↑ a b et c Laurain 1920, p. 168.
- ↑ « Bibliothèque de l'École des Chartes », sur Gallica, 1896, p. 327
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, 8 novembre 1896, p. 6071
- ↑ a b et c « Base de données Léonore - FLAMENT Jean Charles Pierre », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr
- ↑ « Paris - Flament, Jean Charles Pierre - matricule n°3210 - D4R1 1007 », sur archives.paris.fr
- ↑ « Bibliothèque de l'École des Chartes », sur Gallica, 1900, p. 121-122
- ↑ « Bibliothèque de l'École des Chartes », sur Gallica, 1903, p. 685
- ↑ « Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais », sur Gallica, 1908, p. 673
- ↑ Laurain 1920, p. 169.
- ↑ « Paris - 1911 - Mariages - 6e arrondissement - 6M 217 », sur archives.paris.fr, p. 25
- ↑ « Figaro », sur Gallica, 2 juillet 1920, p. 2
- ↑ a et b Laurain 1920, p. 170.
- ↑ « 413e régiment d'infanterie : J.M.O. - 26 N 770/1 - 21 mars 1915-25 mars 1916 », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, p. 5
- ↑ « 413e régiment d'infanterie : J.M.O. - 26 N 770/1 - 21 mars 1915-25 mars 1916 », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, p. 11
- ↑ « Le 25 août 1915 : rapport de l’archiviste Pierre Flament », sur Archives - Pas-de-Calais le Département
- ↑ « Vaux et la lisière Nord du bois Fumin », sur Mémorial de Verdun, 11 octobre 2024
- ↑ « Jean Charles Pierre FLAMENT - Mort pour la France », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
- ↑ « Antibes - 4E16/5719 - FLAMENT Jean Charles Pierre - acte n° 264 - 1917 - Décès », sur archives.ville-antibes.fr, p. 415
- ↑ « L'Écho de l'Ossuaire de Douaumont et des champs de bataille de Verdun », sur Gallica, 1er janvier 1928, p. 21
- ↑ « Base des sépultures de Guerre - Jean Charles Pierre FLAMENT », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
- ↑ « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, 20 janvier 1908, p. 515
- ↑ « Bibliothèque de l'École des Chartes », sur Gallica, 1913, p. 454
- ↑ « La Pensée française », sur Gallica, 1er septembre 1927, p. 2
- ↑ « FLAMENT Jean Charles Pierre - 1914-1918 », sur www.memorialgenweb.org