fr.wikipedia.org

Préludes flasques (pour un chien) — Wikipédia

  • ️Mon Jul 01 1912

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Préludes flasques (pour un chien)
Genre Pièces pour piano
Nb. de mouvements 4
Musique Erik Satie
Dates de composition 1912
modifier 

Préludes flasques (pour un chien) est un recueil de quatre pièces pour piano seul d'Erik Satie, composé en 1912.

Inaugurant le catalogue dit « humoristique » du compositeur[1], les Préludes flasques (pour un chien) sont écrits en juillet 1912[2], peu après la parution d'un autre recueil de préludes pour piano, autrement célèbre, en l'occurrence le premier livre de Claude Debussy[note 1].

La partition est à l'époque refusée par Eugène Demets et devra attendre 1967 avant d'être publiée, par l'éditeur Max Eschig[1].

Comme le mentionne la musicologue Adélaïde de Place, l'auteur et musicien Vincent Lajoinie voit dans cette œuvre « comme une sorte d'autobiographie triste du compositeur s'identifiant à un chien »[2],[note 2].

Le cahier, d'une durée d'exécution de trois minutes trente environ[3], comprend quatre mouvements[2] :

  1. Voix d'intérieur — Sérieusement, mais sans larmes, à
  2. Idylle cynique — Très affectueux, à quatre temps (noté )
  3. Chanson canine — Calme, sans lenteur, à
  4. Avec camaraderie — à

Guy Sacre note d'emblée « quelle belle et sensible musique que celle de ces quatre Préludes, simples sans êtres indigents ! »[1].

Dans la première pièce, Voix d'intérieur, de tout juste treize mesures, oscillant entre mi bémol majeur et ut mineur[1], deux voix graves sonnent comme un choral[2]. La deuxième pièce, l'Idylle cynique, à l'allure d'invention à deux voix, est de couleur modale et dépouillée : « le chant progresse (très affectueux) de part et d'autre d'une monotone ondulation de croches. »[1]

La Chanson canine qui suit, en si bémol majeur, ressemble à une pièce imitative[2]. Enfin, Avec camaraderie clôt le recueil sur une courte forme sonate[2], et suggère, « après la solitude et l'enfermement, la connivence retrouvée », baignant dans une atmosphère de jeux de plein air annonciatrice des Six et de l'École d'Arcueil[4].

  1. Si bien que Guy Sacre voit dans le terme « flasques » l'expression d'une antiphrase, notant que ceux de Satie « n'ont rien de flou ni d'invertébré »[1].
  2. Guy Sacre rappelle que Satie était un grand amoureux des chiens et qu'il se définissait même comme « clebtomane »[1].
  1. a b c d e f et g Guy Sacre 1998, p. 2387.
  2. a b c d e et f Adélaïde de Place 1987, p. 632.
  3. (en-US) Alexander Carpenter, « Préludes flasques; pour un chien… | Details », sur AllMusic (consulté le 8 octobre 2020)
  4. Guy Sacre 1998, p. 2388.
  5. Camille De Joyeuse, « Tout Satie !… en 10 cd », sur classiquenews.com, 28 février 2016 (consulté le 23 janvier 2021)